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Margot Chevrier, étudiante en médecine et championne de saut à la perche… un talent à soutenir

En 4ème année de médecine au sein d’Université Côte d’Azur, Margot Chevrier est devenue championne de France de saut à la perche en salle fin février 2022. Dans son objectif désormais, les Jeux Olympiques de Paris 2024 tout en préparant son internat. Mener de front les deux ambitions, avec des moyens financiers restreints, relève d’un casse-tête quotidien. Dixième mondiale de sa discipline, Margot en témoigne avec son entraîneur, Sébastien Reisdorffer, en rêvant que l’aide de la Fondation Université Côte d’Azur, 30 000 euros sur trois ans, incite d’autres entreprises du territoire et aussi des particuliers à la soutenir dès à présent.

« Quand j’ai indiqué que je voulais entamer des études de médecine sans lâcher le saut à la perche que je pratiquais depuis l’adolescence, beaucoup m’ont dit que ce serait impossible. Ces doutes ont démultiplié ma motivation à leur démontrer le contraire ! J’ai du caractère, un peu d’ego, mais je crois surtout en moi. Chaque fois que j’ai eu un objectif, j’ai fini par cocher la case ! » confie Margot Chevrier. Elle a réussi sa 1ère année du premier coup. « J’avais un an pour tout donner », ajoute-t-elle, saluant la foi bienveillante de ses parents comme de son entraîneur, Sébastien Reisdorffer, dans sa détermination. La jeune femme de 22 ans, licenciée au club Nice Côte d’Azur Athlétisme, poursuit actuellement ses études en 4ème année de médecine à Université Côte d’Azur. Une ambition fait vibrer son corps et son esprit : participer avec le maillot de l’équipe de France d’athlétisme aux Jeux Olympiques 2024 à Paris. Elle a bien entamé son chemin en cette année 2022, tout en réussissant ses examens et en effectuant ses stages hospitaliers : elle a remporté le titre de championne de France Elite en salle de saut à la perche, à Miramas (Bouches-du-Rhône), avec un saut à 4,65 mètres au 1er essai qui l’a projetée illico dans les meilleures mondiales et lui a valu une invitation de World Athletics aux Championnats du Monde à Belgrade, avec la sélection nationale. « Cette proposition est tombée au dernier moment et j’ai dû m’organiser avec la Faculté de médecine afin de trouver une solution pour passer mes partiels. Heureusement, le doyen considère que les bons sportifs font les bons médecins ! ». Cette préoccupation ne l’a pas empêchée de se hisser à la 10ème place, 1ère Française de sa discipline au monde !

 

4,70 mètres… le rêve olympique devient réalité

Le 12 juin, sur le meeting « Athlé Urban X’Perience » à Salon-de-Provence, elle se projetait encore plus haut à 4,70 mètres, une performance qui lui promet des prochaines semaines denses  en compétitions nationales et internationales ! Constamment, Margot jongle avec son emploi du temps et les obligations qu’elle s’impose entre haut niveau et études, de plus en plus exigeantes. « C’est impossible de mener les deux de front sans aménagement. J’ai donc fait le choix de ne valider qu’un semestre par an de cours et de stages afin d’assurer simultanément ma préparation physique, mes entraînements et la compétition, quitte à remodeler si nécessaire… J’ai encore des niveaux à franchir pour toucher à mon objectif des JO. Mais il est inconcevable pour moi de rater quoi que ce soit, comme sportive ou comme future médecin ! ».

 

Quand j’ai un moment de libre, je cherche des mécènes, ça me prend énormément de temps. J’ai zéro marge de manœuvre. Parfois, pour payer mon loyer, je racle les fonds de tiroirs »

 

Photo : Margot Chevrier et son entraîneur, Sébastien Reisdorffer lors d’un entraînement à Nice. Sébastien a reçu le Prix de l’Engagement des mains de Jeanick Brisswalter, président d’Université Côte d’Azur, en mai 2022 pour son implication majeure aux côtés de Margot depuis de nombreuses années. (Photo : © Gaëlle Simon)

 

Un objectif, un résultat

Depuis 2015, Sébastien Reisdorffer, qui a cerné son état d’esprit et son potentiel très tôt, l’aide à ajuster au mieux cet équilibre. « J’ai toujours vu Margot comme quelqu’un de volontaire, qui n’a pas peur de grand-chose. C’est rare si jeune, mais c’est une qualité essentielle pour la perche. Elle a le profil d’une athlète qui peut réussir. Quand j’avais perçu, lors d’une compétition à Monaco avec les meilleurs mondiaux, son envie d’un jour les côtoyer sur la piste, je lui ai dit que je pouvais la guider. La proposition a fait “tilt” dans sa tête. Elle s’est investie avec sérieux et rigueur dans le projet, dans son organisation… Je lui ai écrit un plan de carrière voici 7 ans. À date, elle a réalisé tout ce que j’avais planifié. Même quand elle n’est pas retenue sur une compétition, elle garde les Jeux Olympiques en ligne de mire et se prépare en conséquence. Avec ses cours, ses stages, le parcours comprend de gros obstacles. Ce n’est pas facile pour une personnalité aussi perfectionniste de n’accomplir qu’un semestre sur deux à la faculté. Le doute fait partie du jeu quand elle est seule sur le terrain avec une température de 4 degrés ou plonge dans ses cours à 1h du matin. Mais j’ai confiance. Son idée profonde est d’assumer de faire les deux. Ses forces sont décuplées lorsqu’elle y arrive. Elle donne raison à ceux qui y ont toujours cru !».

 

Vidéo : Février 2022, retour sur le saut de Margot Chevrier à Miramas qui lui a permis de remporter les Championnats de France Élite à la perche avec un saut à 4,65 m, nouveau record personnel (© L’Equipe, DR)

 

Affronter les difficultés

L’exploit est d’autant plus exceptionnel qu’il s’accomplit avec des moyens financiers restreints : 210 euros par mois, perçus comme externe de médecine au CHU de Nice. Adidas fournit des tenues. La Caisse d’Épargne Côte d’Azur s’est engagée à ses côtés sur un “Pacte de performance” pour 18 000 euros, la Fondation Université Côte d’Azur lui a accordé un soutien de 30 000 euros sur trois ans, une aide précieuse qui va lui permettre de contribuer au financement de déplacements (trajets, hébergements, stages, courses…) où à la rémunération de son équipe de préparation. Ce soutien s’inscrit en lien étroit avec le programme de détection et d’accompagnement des étudiants sportifs de haut niveau déployé par Université Côte d’Azur.  Pour Margot, cet appui concerté de l’Université et de la Fondation est déterminant dans sa carrière. « Être étudiante et athlète, c’est bien, mais c’est compliqué d’en vivre. J’ai fait mon calcul : une année classique me coûte 48 000 euros. Il me manque donc 20 000 euros pour boucler mon budget. Quand j’ai un moment de libre, je cherche des mécènes, ça me prend énormément de temps. J’ai zéro marge de manœuvre. Parfois, pour payer mon loyer, je racle les fonds de tiroirs… ».

 

Opportunité : soutenir une athlète dans le Top 10 mondial

Sébastien Reisdorffer qualifie ces efforts de “parcours du combattant”. « Elle est obligée de mettre de l’énergie sur des sujets qu’elle ne devrait pas avoir à traiter. Quelques jours après les Championnats du Monde, je l’ai vue préparer ses dossiers pour solliciter des partenariats, des rendez-vous… Même avec son niveau actuel du Top 10 mondial, elle ne croule pas sous les demandes. Le grand public n’a pas conscience de cette réalité de l’athlète. Sur des meetings, l’organisateur prend parfois en charge certains aspects, mais jamais l’intégralité. Le forfait peut être limité à 100 euros pour un déplacement sur une compétition à l’autre bout de l’Europe ! À Miramas, malgré sa performance, elle n’a rien perçu. Et sur les meetings de l’hiver, la moyenne des primes avoisinait 200 euros par compétition. C’est un des freins dans l’évolution d’un athlète du haut vers le très haut niveau. Comment progresser quand on ne sait pas si on va pouvoir remplir son réfrigérateur à la fin du mois ? J’en ai déjà vu tout abandonner, faute de supporter ce sac à dos rempli de pierres ».

 

Quand la prime sur un meeting découle de la place obtenue, c’est compliqué d’aborder chaque saut en se disant : si je passe cette barre, je me paie mon déplacement… On n’est pas là pour y penser, pour calculer, quand on s’est battue depuis des années pour atteindre le haut niveau »

 

Photo : Margot recherche activement des sponsors et mécènes prêts à s’engager à ses côtés. Pour une entreprise, un commerçant, un artisan, c’est un moyen de valoriser des engagements auprès des collaborateurs et de clients profondément attachés au territoire. Pour un particulier, c’est tout simplement une façon de vivre aux côtés de Margot son rêve olympique, Paris 2024 ! Ensemble, mobilisons nous pour soutenir Margot. (Photo : © Gaëlle Simon)

 

Une montagne à gravir individuellement et collectivement

Pour l’entraîneur, l’aide de la Fondation Université Côte d’Azur est tombée au bon moment et contribue à changer un peu la perspective par le soulagement qu’elle apporte. « Margot était en apnée, ce soutien est une bouteille d’oxygène pour tenir un peu plus longtemps. Elle peut mieux s’organiser, répartir équitablement ses charges sur l’année, voir venir avec plus de sérénité chaque semaine, chaque mois, et s’ôter un souci dans sa marche vers le très haut niveau. Mieux dans sa tête, elle est mieux dans ses entraînements, c’est un cercle vertueux. Gagner cinq, dix centimètres supplémentaires changerait son statut. La montagne est haute mais elle peut sauter ce cap ». Margot Chevrier prolonge d’une image le propos de son coach. « Quand la prime sur un meeting découle de la place obtenue, c’est compliqué d’aborder chaque saut en se disant : si je passe cette barre, je me paie mon déplacement… On n’est pas là pour y penser, pour calculer, quand on s’est battue depuis des années pour atteindre le haut niveau et participer à ce type de compétition. Ce soutien d’un montant exceptionnel, je l’ai donc pris comme une marque de confiance, une preuve qu’on croit vraiment à mon projet. J’espère que d’autres mécènes du territoire seront prêts aussi à me soutenir jusqu’aux Jeux Olympiques. S’ils s’investissent sur un engagement pluriannuel jusqu’à Paris 2024, ce serait l’idéal. »

 

L’été de tous les défis

Pour la jeune femme, l’été s’annonce chargé de défis : les Championnats de France Elite en juin, les Championnats du Monde en juillet, les Championnats d’Europe en août… Sans oublier des meetings ici ou là où chacune de ses performances lui apportera un surcroît de visibilité… et un pas de plus vers le Graal d’une participation aux Jeux Olympiques. « Dès que je décroche un podium, je sens que ça aide » dit-elle. Pour Eric Dumetz, président de la Fondation Université Côte d’Azur, le territoire a tout à gagner à s’associer à sa marche en avant continue. La médaille d’un athlète illumine toujours le club dont il est membre, la ville où il a grandi, les supports humains et entrepreneuriaux qui y ont cru… « La médaille est un aboutissement, insiste-t-il. Il y a plus de sens à accompagner en amont le projet qui y mène. Margot Chevrier n’a pas choisi la facilité en décidant de conjuguer études en médecine et sport de haut niveau. Mais son parcours est un modèle et mérite d’être soutenu. Toutes les bonnes volontés peuvent se mobiliser, qu’il s’agisse des petites, moyennes ou grandes entreprises mais aussi des commerçants pour qui un tel soutien peut représenter un premier pas dans une démarche philanthropique territoriale ».

 

Vous souhaitez soutenir Margot Chevrier et les athlètes détectés par Université Côte d’Azur ?
Contactez Brice Farrugia au 07 67 41 22 37 / brice@fondation-uca.org

Vous pouvez également faire un don en ligne ici.

 

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