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Bienvenue à bord de la nouvelle Chaire dédiée à la préservation et valorisation des Ressources Marines

Photo : Dr Eric Röttinger, Directeur de l’Institut Fédératif de Recherche (IFR) “Ressources Marines” (Photo : Gaëlle Simon)

 

Pour Université Côte d’Azur, la préservation et la valorisation de la biodiversité marine exigent une approche pluridisciplinaire afin de comprendre la complexité d’un milieu qui n’a pas encore révélé tous ses secrets et potentialités. La nouvelle chaire “Ressources Marines” – portée par un Institut Fédératif de Recherche (IFR) dédié et qui sera lancée officiellement en novembre 2022 – réunira les expertises de plusieurs de ses laboratoires. La Fondation Université Côte d’Azur invite dès aujourd’hui des entreprises mécènes à rejoindre cette initiative majeure aux horizons extrêmement prometteurs pour le territoire.

Les données du rapport sur l’état de l’Environnement et du Développement en Méditerranée de novembre 2020 sont aussi “oppressantes” qu’un baptême de plongée en apnée. Si la surface de l’eau laisse rarement apparaître les ravages des activités humaines depuis des siècles, sous les vagues, la situation s’avère dramatique pour la mer. Ces dernières décennies, les superficies d’herbiers de posidonies ont diminué de 30%. Le nombre de prédateurs marins a reculé de 41%. 78% des stocks de poissons étudiés seraient victimes de surpêche. 50% des déchets recensés sur les fonds marins sont en plastique.

Avec 1% de la surface des océans du monde, la Méditerranée abrite jusqu’à 18% de la biodiversité marine mondiale. »

 

Photo : Les activités humaines ont un impact majeur sur la Méditerranée avec l’enjeu de préserver une biodiversité marine parmi les plus importantes au monde (© Gaëlle Simon)

 

Près de la moitié des plans d’eau côtiers n’afficheraient pas un bon état écologique

Fragilisée, la Méditerranée n’en reste pas moins un remarquable puits de biodiversité : avec 1% de la surface des océans du monde, elle abrite jusqu’à 18% de la biodiversité marine mondiale. À l’international, les plans d’action se multiplient pour tenter de sauvegarder ce bouillonnement de richesses, d’inverser la tendance en restaurant ce qui peut l’être. Université Côte d’Azur apporte une approche novatrice, transversale et pluridisciplinaire, pour affronter avec le regard le plus élargi la diversité des problématiques à traiter. Avec son Institut Fédératif de Recherche (IFR) “Ressources Marines”, né en 2020, qui fédère un ensemble de laboratoires d’Université Côte d’Azur dans la thématique – ECOSEASCEPAMGEOAZURGREDEGINRIA_BIOCOREICNIRCANLADIELIA ROPSEmaster MSc MARRES –, elle mixe les disciplines, les expertises, les sensibilités, les visions scientifiques… Elle s’ouvre aussi aux contributions et soutiens d’acteurs extérieurs à la sphère académique, collectivités, entreprises, organisations professionnelles ou non-gouvernementales, associations environnementales… La création de la chaire “Ressources Marines, Préservation et Valorisation des Océans et des Mers” autorise cette agrégation de toutes les compétences jugées utiles pour comprendre, sécuriser et conserver les forces de la mer, mais aussi étudier comment les valoriser, dans un nouvel équilibre, en faveur du bien-être et de la santé… de la Méditerranée et des êtres humains.

Notre rôle consiste à regarder l’écosystème des connaissances et à faire le lien pour réussir à jouer sur ces trois axes : compréhension, action, sensibilisation. »

 

Photo : Le Pr Cécile Sabourault, Directrice d’ECOSEAS et Vice-Présidente Développement International d’Université Côte d’Azur (© Gaëlle Simon)

 

Croiser et irriguer les points de vue

« Nous travaillons sur des projets de recherche et d’innovation qui bénéficient directement au territoire et aux citoyens » affirme le Pr Cécile Sabourault, Directrice d’ECOSEAS– unité mixte de recherche Université Côte d’Azur/CNRS, qui planche sur l’écologie et la science de conservation pour des mers durables – et vice-présidente Développement International de l’Université. Et de citer des exemples concrets. Ses équipes peuvent intervenir sur la sollicitation d’un pêcheur qui s’inquiète de la progression d’une espèce curieuse potentiellement invasive afin de cerner les conditions qui favorisent son avancée. La Métropole Nice Côte d’Azur veut créer une aire marine protégée. Les scientifiques s’emploient à ses côtés à étudier et déterminer le site le plus approprié. « Autour de l’écosystème marin, on peut associer n’importe quelle discipline, » poursuit-elle. « La chaire se veut un espace de discussion et de collaboration sur les ressources marines et durables, entre les experts des différentes entités de l’université : chimie, mathématiques, informatique, physique, droit, biologie, économie, archéologie, sociologie, même art et culture… afin d’échanger des bonnes pratiques. Y compris à l’international, à notre initiative ou à la demande d’entreprises confrontées à une interrogation. Depuis cinq ans, nous sentons un véritable engouement pour l’économie bleue. Tout le monde a compris qu’on ne peut plus piller la Méditerranée. Ici, c’est une conviction, il existe une sensibilité sur la santé de l’environnement qui remonte déjà à plusieurs années, que ce soit sur la présence des méduses, les pollutions par microplastiques, le respect des banquettes de posidonies… Les travaux scientifiques viennent en appui de la décision politique et des opérations d’information des citoyens. Systématiquement, chercher à comprendre avant d’agir pour mieux préserver est une priorité. Notre rôle consiste à regarder l’écosystème des connaissances et à faire le lien pour réussir à jouer sur ces trois axes : compréhension, action, sensibilisation. »

L’ambition est vraiment de contribuer, par la multiplicité des visions et leur croisement, à instaurer progressivement un équilibre différent, ancré dans la réalité profonde de la Côte d’Azur, qui puisse inspirer un modèle ailleurs »

 

Une boîte à outils pour l’économie locale

Cette démarche paraît d’autant plus originale et pertinente qu’elle ne vise pas du tout à sanctuariser, à immobiliser, au risque de pénaliser lourdement des activités existantes, de générer de nouvelles complexités de gestion ou d’engager des transformations pour des résultats d’avance limités ou voués à l’échec, comme vouloir intégrer le port de Nice dans l’aire marine protégée. Pas question d’empêcher l’entrée des navires. Ni de dire à des pêcheurs de ne plus exercer leur métier. « Nous pouvons travailler avec eux sur des pêches expérimentales auprès des aires marines protégées pour optimiser le suivi de biodiversité. Ainsi, on respecte la vocation de cette aire marine protégée tout en laissant entrevoir aux pêcheurs comment leurs prises pourraient en être effectivement améliorées. Chacun y gagne » précise Cécile Sabourault. Pas question non plus de stopper toute activité touristique, sous prétexte qu’elle menacerait l’environnement alors qu’elle est stratégique pour le territoire et que des pistes de solutions émergent pour bâtir un tourisme durable. L’ambition est vraiment de contribuer, par la multiplicité des visions et leur croisement, à instaurer progressivement un équilibre différent, ancré dans la réalité profonde de la Côte d’Azur, qui puisse inspirer un modèle ailleurs. Aucune action n’est neutre. Ne serait-ce que pour comprendre, préserver et restaurer, il faut plonger, explorer les fonds, installer des capteurs de surveillance, des caméras d’observation des poissons, implanter parfois des récifs artificiels qui, colonisés par plusieurs espèces, vont accélérer la mutation. Autant de « solutions basées sur la nature » qui permettent de protéger, conserver, restaurer et promouvoir une gestion durable des ressources marines. « En cultivant sur des sites-pilotes des cystoseires, une espèce d’algue brune qui constitue un indicateur de la qualité biologique de la mer, nous ne cherchons pas à modifier l’écosystème, mais à analyser et reproduire des phénomènes qui favorisaient antérieurement leur expansion » ajoute-t-elle, soucieuse d’appréhender chaque projet comme “une boîte à outils” pour les acteurs azuréens. 

La notion d’exploitation de la mer a souvent une connotation négative parce qu’elle sous-entend le pillage de la ressource. Ce n’est absolument pas notre objectif. »

 

Photo : le Dr Eric Röttinger (© Gaëlle Simon)

 

Valoriser sans détruire

Cette méthode d’approche des problématiques n’empêche donc pas de regarder comment la mer regorge encore de ressources inexplorées, inconnues, importantes pour notre survie et susceptibles d’améliorer la vie de l’humanité et de la Terre. Dès lors qu’on s’évertue à ne pas reproduire les erreurs de surexploitation du passé, des horizons inédits s’esquissent. Directeur de l’IFR “Ressources Marines”, le Dr Eric Röttinger s’emploie à en dévoiler quelques-uns à la tête de son équipe “Réponse au stress, régénération et longévité” au sein de l’Institut de Recherche sur le Cancer et le Vieillissement (IRCAN), à Nice.  Il est également Directeur de Recherche au sein de cette composante d’Université Côte d’Azur qui est rattachée au CNRS et à l’INSERM. Relier traitement du cancer et préservation de la mer peut sembler étrange. Néanmoins, les organismes marins sont des sources de « bio-inspiration » non seulement pour de nouveaux matériaux, de nouvelles technologies, dans l’innovation alimentaire, mais aussi pour la découverte de molécules au bénéfice de la santé et du bien-être. Le point initial de ces démarches réside dans la compréhension détaillée de l’organisme et/ou du système à de multiples échelles nécessitant des approches interdisciplinaires.

 

Photo : Les anémones de mer représentent une source d’inspiration pour la recherche dans le domaine de la valorisation des ressources marines avec de nombreuses perspectives dans la lutte contre le cancer ou l’évaluation de l’impact des cosmétiques sur les milieux marins (© Gaëlle Simon)

 

Pour le chercheur, les passerelles établies entre scientifiques démultiplient les possibilités. « Préserver et valoriser sont étroitement intriqués dans les axes de recherche pour que chacune des unités fédérées dans l’IFR puisse apporter son expertise » explique-t-il. « La notion d’exploitation de la mer a souvent une connotation négative parce qu’elle sous-entend le pillage de la ressource. Ce n’est absolument pas notre objectif. À titre d’illustration, nos collègues de l’Institut de Chimie de Nice (ICN) travaillent sur des molécules marines bioactives intéressantes pour tuer des tumeurs cancéreuses. Il ne s’agit pas d’aller les puiser dans la mer mais de les cultiver pour s’inscrire dans une logique de durabilité et de bénéfice à long terme. Mon équipe de recherche s’intéresse à des animaux marins comme les cnidaires qui regroupent des anémones de mer, des coraux, des méduses… Entre autres, nous étudions l’extraordinaire aptitude régénératrice d’anémones de mer. Si on les coupe en morceaux, elles deviennent autant d’anémones de mer… En analysant les mécanismes génétiques, moléculaires, biochimiques et cellulaires qui sous-tendent leur régénération, nous avons découvert des tissus aux capacités pro-régénératives, potentiellement en lien avec leur longévité étendue. Ces études, combinées aux expertises multi-disciplinaires d’Université Côte d’Azur, nous permettront de déterminer si cette capacité exceptionnelle pourrait aider à améliorer le vieillissement et la longévité en bonne santé de l’être humain. Ce biomimétisme fait avancer la recherche ».

Un industriel peut suggérer des pistes de valorisation, dans son propre domaine… voire à explorer des voies plus risquées d’innovations qui déboucheront sur une propriété intellectuelle partagée. »

 

La Fondation en point d’appui

Pour “booster” ces initiatives, le financement demeure un point-clé. Tous les financements attribués sur appels à projets régionaux, français ou européens, aussi indispensables soient-ils, ne peuvent couvrir tous les besoins des laboratoires. De plus, ils n’abondent souvent qu’à la poursuite d’objectifs de recherche fixés par des institutions supra-territoriales. En s’investissant dans les travaux des scientifiques locaux, soit financièrement, soit en nature par un appui à l’équipement technique des laboratoires (plateformes technologiques et autres…), les entreprises s’affirment en contributrices directes du mouvement. La Fondation Université Côte d’Azur s’impose dans ce cheminement comme un relais de premier ordre, aux yeux du Pr Cécile Sabourault. « En recherchant des mécènes désireux, eux aussi, d’agir pour la préservation de la biodiversité sur notre territoire, la Fondation vient en soutien de la chaire. Nous la nourrissons sur nos projets phares et elle crée le lien avec les entreprises. Cet apport est précieux car nous n’avons pas nous-mêmes le temps d’engager ces sollicitations, ni la compétence pour conduire cette prospection. La Fondation participe aussi à la visibilité de nos thématiques et compétences, si bien que des industriels peuvent se montrer intéressés à développer avec nous des technologies dans le cadre d’une convention de collaboration plus classique qu’un mécénat ». « La chaire augmente la puissance des projets sur le tissu local, national et international pour engendrer des synergies nouvelles, renchérit Eric Röttinger. Avec l’IFR, nous ne voulions pas en effet nous contenter des projets menés au sein des laboratoires mais les transcender par des coopérations reflétant l’excellence collective. La Fondation nous permet de les promouvoir au-delà de nos réseaux traditionnels et de décupler le rendement potentiel des projets. Par exemple, un industriel peut suggérer des pistes de valorisation, dans son propre domaine, de travaux académiques ciblés pour la santé et donc conduire le laboratoire à creuser cette demande, voire à explorer des voies plus risquées d’innovations qui déboucheront sur des collaborations et conventions spécifiques et une propriété intellectuelle partagée. Ces complémentarités public-privé confortent la structuration des filières, aident à nouer des échanges avec nos homologues du territoire, de la Principauté de Monaco, d’Italie ou du reste de la Méditerranée pour approvisionner la dynamique territoriale ».

 

Photo : L’économie bleue dispose d’un fort potentiel pour le territoire, à l’image de Viridis, une startup cofondée par Pauline Cotinat, doctorante en biologie marine à Université Côte d’Azur (© Gaëlle Simon)

 

S’ouvrir pour garantir l’excellence

Il ne faut pas négliger non plus les effets sur l’attractivité des formations proposées par Université Côte d’Azur. « Les jeunes sont évidemment plus sensibles qu’il y a dix ans à ces enjeux environnementaux, mais ils veulent surtout s’atteler à la recherche et la mise en œuvre de solutions. Ils sont vraiment plus combatifs sur le “comment agir efficacement”, assure le Dr Eric Röttinger. En tant que chercheurs, nous devons montrer à nos étudiants les perspectives de valorisation de nos travaux sous la forme d’une entreprise ou d’un transfert de technologies vers un industriel ». Une jeune doctorante en biologie marine de son équipe, Pauline Cotinat, a franchi ce pas, en créant Viridis, à partir de la conception d’une méthode in-vitro de culture de l’anémone de mer “Anemonia viridis”. Pauline a reçu un Prix d’Excellence Académique remis par la Fondation Université Côte d’Azur pour son projet entrepreneurial ; elle a également bénéficié d’une bourse de 20 000 €. Pour faciliter l’évaluation de l’impact de polluants sur l’environnement marin tels que les produits solaires, la start-up a finalisé un test d’écotoxicité de ces cosmétiques. Objectif : aider leurs fabricants à formuler des compositions plus éco-responsables dont ils pourront se prévaloir vis-à-vis de leurs clients et consommateurs. « Cette ouverture d’esprit sur une recherche appliquée n’altère en rien la nécessité de poursuivre notre recherche académique. C’est juste la volonté de combiner les excellences » conclut le directeur de l’IFR Ressources Marines.

Vous souhaitez soutenir financièrement cette nouvelle chaire. Vous souhaitez en devenir partenaire ? Vous voulez soumettre un projet et rencontrer un expert ? Rien de plus simple : vous pouvez contacter Brice Farrugia, Directeur Exécutif Développement de la Fondation Université Côte d’Azur au 07 67 41 22 37 ou par mail à brice@fondation-uca.org

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